Points d'histoire

Listes publiées par les archives départementales du Haut-Rhin

 

 **Victimes de la Guerre 1914-1918**

BAUR Albert

- né le 8 août 1888

- tombé sur le front russe en 1915

- extrait d'une lettre du maire (Enderlin) évacué avec la population de Durlinsdorf en Allemagne (Période 1916-1917):

"Es ist mir diesen Tagen von der Kreislandkunfstelle vom Roten Kreuz in München die Nachricht zugekommen, dass der schon längst vermisste Sohn Albert   Bauer, in Russland gefallen ist. Die photographie des Grabens war dem Schreiben beigefügt mit dem Ersuchen um Auschädigung an den Vater Bauer".

 BOENRICH Paul

 - né le 17 octobre 1897

 - a été déclaré décédé en captivité le Ier juin 1917 à 24h par le tribunal de Ferrette. A noter que 2 de ses frères ont été internés à Marseille de 1914 à 1919.

FEUERSTEIN Joseph

- né le 11 août 1885

- tombé par blessure à la tête (Kopfschuss) le 27 mars 1915 dans des combats près de Wach (Pologne)

 FROEHLY Achilles

 - né le 6 août 1875

- tombé le 31 juillet 1916. Enterré au cimetière de Lostaja. (Pologne?).

 FROEHLY Léo

- né le 20 août 1889

- tombé en Russie le 4 août 1915

Photo

MEISTER Henri

- né le 8 juillet 1882

- décédé le 5 octobre 1916 en captivité à Saint-Etienne

- "Am 6.Oktober verstarb im Lazarrett Bellevue in St-Etienne der Kriegsgefangene Heinrich Meister (Muller). Beim rangieren eines Güeterwagons auf dem Bahnhof kam nur zu Fall und wurde überfahren...".

NEUNLIST Arthur

- né le 8 mars 1889

- tombé près de Frécourt (Haute-Marne) en 1914 (Déclaration de M. Willig Robert).

PRACHT Joseph

- né le 17 Avril 1882

- décédé le 9 mai 1915

- inscrit dans le registre des décès de la paroisse, il y est précisé qu'il est mort au combat dans le nord de la France

 Photo

SCHLICKLIN Joseph

- né à Liebsdorf, parents domiciliés à Durlinsdorf

- décédé le 13 mars 1915 à l'hôpital d'Aix-la-Chapelle

SCHWEITZER Robert

- ?

- ?

WALTER Joseph

- né le 15 novembre 1898

- disparu lors d'un combat en Galicie (Pologne), le 2 juillet 1917

 Victime civile:

BAUER Albert

- né le 31 mai 1875

- décédé le 17 septembre 1915

- Touché par un éclat d'obus alors qu'il labourait son champ au "Holzäpfelbaum" vers 11h30. Transporté à Luppach, il y décédait le jour même- Photo:Albert Baur en famille

 

**Victimes de la Guerre 1939-1945**

HEINIS Paul

- né le 3 juillet 1911

- décédé le 17 août 1944

MATTLER Emile

- né le 26 mai 1926

- disparu le 5 mai 1944 à Krotoshin (Pologne)

MATTLER Paul,Eugène

- né le 3 juin 1924

- tombé le 22 janvier 1945 sur le front de Royan (Charentes)

MATTLER Prosper

- né le 9 juillet 1855

- mort à Untermarchtal (Allemagne), le 4 mars 1943

 RIEGEL Pierre, Paul

- né le 30 décembre 1920

- porté disparu dans la région de Dantzig (Pologne), le 1er mars 1945

 RUETSCH-MAURER Marie

- née le 16 janvier 1885, épouse de Ruetsch Paul

- décédée à Wangen (Allemagne), le 24 octobre 1944

 RUETSCH Oscar

- né le 25 décembre 1915

- tombé à Stalingrad en 1944

 WILLIG René, Paul

- né le 2 avril 1906

- tombé près de Laval le 17 juin 1940



L'évacuation (II)

On ne sera pas étonné, dans ces conditions, que M. le Maire et M. Moser furent beaucoup sollicités pour ces aides aux familles tout au long de cet exil forcé qui au total aura duré trois ans pour la plupart.
Début 1917, l'administration allemande accorda aux réfugiés une indemnité pour le cantonnement des troupes dans les villages évacués (Quartiergeld). Dans le cas de Durlinsdorf, elle proposa une somme globale de 37 000 Marks, à charge pour M. le Maire de répartir l'argent entre ses administrés. Ce ne fut pas chose aisée de chiffrer la part de chaque famille si loin du village et, malgré l'aide de Kessler (prénom ?) un compatriote établi à Hemsbach, les premières réunions n'aboutirent à aucun résultat. Finalement, sur conseil de M. le Directeur du District, le Maire rangea les familles en neuf catégories et attribua dans chaque cas une certaine somme: 570 Marks pour la plus élevée, 60 pour la plus basse, les catégories intermédiaires étant séparées par des intervalles de 50 Marks en moyenne. Chaque famille reçut ainsi sa part. Cette affaire se termina assez facilement, semble-t-il, les réfugiés ayant amplement besoin de cet argent.

La maison de François Riegel.

 

  Nous la voyons ici alors que le toit a déjà été réparé. En fait, elle avait reçu trois obus qui l'ont fortement endommagée. Mais irréparable de l'intérieur, elle a été détruite en 1929 pour faire place à une nouvelle maison cette fois perpendiculaire à la route. Il s'agit de la maison au dessus de la CMDP, habitée par M. Jean-Pierre Riegel.

 

 

 Mars 1918, on parla d'indemniser les réfugiés pour les pertes (hors immeubles) dûes au fait que les troupes vivaient dans le village et occupaient les maisons vidées de leurs occupants. Là ce fut plus difficile car comment apprécier, à distance, ce qui pouvait manquer à chacun? M. le Maire était bien en possession de listes datant de l'évacuation en 1916: liste des chevaux, des vaches, des quantités de foin...,mais tout n'y était pas à cause du départ précipité (überstüzte Räumung) et de toute façon cela ne donnait pas le déficit réel sur place. Alors les réfugiés furent priés de dresser un inventaire de ce qui pouvait leur faire défaut! Des familles se sont prêtées à cet exercice mais beaucoup de déclarations posèrent problème car elles étaient pour le moins exagérées et inexploitables. De ce côté, le Maire, et sans doute aussi d'autres familles dans le même cas, était un peu plus informé sur l'état de sa maison par l'intermédiaire de son fils Arthur qui servait dans l'arméee allemande et qui, à ce titre, avait pu se rendre à Durlinsdorf début 1918. Voici ce que rapporte le Maire à ce sujet: "Osterburken le 13 Avril 1918. ...Lors d'une récente permission passée là-haut, Arthur a remarqué qu'il restait encore quelques meubles dans notre maison alors que, à mon grand étonnement, le grand four à pain métallique, dans la buanderie, ce bloc massif, (dieser schwere Klotz) semblait avoir reçu des ailes!...". La suite des lettres du Maire ne permet pas de savoir si cette indemnisation a été menée à son terme. C'est peu probable. Y a-t-il eu une distribution d'argent sur le modèle ci-dessus? C'est possible. On était mi-1918 et la guerre avait pris une autre tournure sur le territoire français grâce à l'offensive Foch. L'administration allemande avait, peut-être, à ce moment, d'autres problèmes plus urgents à résoudre que ceux des réfugiés.

En-tête de la lettre

 

 Une des dernières lettres:
"Osterburken, le 23 Novembre 1918
Cher Monsieur Moser,
Je profite rapidement du passage d'un interné français pour lui confier cette lettre à votre intention. Je voudrais vous dire que hier matin nous avons été informés par la Direction du District d'Avelsheim qu'un train spécial partirait ce soir à 7h40 d'Osterburken et nous donne l'occasion de rentrer en Alsace par le chemin le plus court. Mais en même temps nous avons reçu un avis de l'Autorité d'Alsace-Lorraine nous mettant en garde contre un départ précipité. Il précise que notre retour sera pris en considération dès que l'armée aura déblayé le terrain. Réconfortés par cette idée de retour, nous avons décidé de rester encore ici et de suivre l'avertissement de notre honorable gouvernement. D'autre part, comme vous le savez, beaucoup d'entre nous sont malades et n'ont pas envie d'entreprendre un voyage aussi hasardeux. Même moi, je suis en ce moment encore sous traitement médical.
Nous avons cependant, la profonde conviction que, dès que la situation dans notre cher pays sera arrangée, notre retour vers la maison sera assuré. Nous devons simplement, espérons pour une courte durée, avoir un peu de patience.
Comme vous êtes, cher M. Moser, la personnalité qui a mon entière confiance, je vous prie vivement de ne pas nous oublier et de continuer à défendre notre cause de réfugiés pour que pour nous aussi sonne l'heure de la délivrance.
Avec le profond désir de vous saluer très bientôt sur notre sol natal, je vous reste entièrement dévoué.
A. Enderlin
Je viens d'apprendre à l'instant, que les gens de Durlinsdorf qui sont à Seckach et Eberbach partent tous ce soir. Ceux qui habitent ici et les gens de Moernach, à l'exception d'une famille, restent encore ici."

Le couple Ruetsch Paul-Maurer Marie

 

 

Comme Arthur, dans le texte, M.Ruetsch Paul servait dans l'armée allemande durant la guerre 14-18. Au cours du deuxième conflit mondial, safemme est décédée comme déportée dans un camp allemand.

 

 

Quelques autres idées:
- Le Conseil Municipal, composé de 10 membres en temps normal, n'en comprenait plus que six, quatre des conseillers ayant dû rejoindre l'armée. De ce fait, il était parfois difficile d'arriver à un consensus et d'obtenir la majorité.

- Les coupes de bois furent normalement exécutées par l'armée sous la conduite d'un garde-forestier (Hegemeister). Le produit de la vente était versé sur le compte de la Commune.
- Les registres d'état-civil étaient régulièrement tenus à jour par l'intermédiaire de M. Moser. Au retour les réfugiés ramenèrent de nouveaux enfants dans le village et beaucoup de personnes âgées, malheureusement, ne revinrent pas, victimes du chagrin suite au déracinement.
- L'épouse de M. le Maire s'appelait Julie et les enfants: Paul, Joseph, Alfred, Albertine, Maria. Arthur était le fils né d'un premier mariage. René, un autre fils du Maire est né après l'évacuation, en 1921.
- Au retour, le 11 Février 1919, les refugiés ramenèrent du verre à vitres. Dans la descente vers le centre de Durlinsdorf, par suite d'un problème de freinage, un cheval s'emballa et alla se fracasser avec la voiture contre l'escalier d'une maison (maison Jolidon, récemment enlevée). Le cheval fut tué sur le coup et le verre...
- Dès le retour, l'administration française attribua à la commune une équipe de quinze aides munis de cisailles à réseaux pour débarrasser le ban des fils barbelés. D'après, M. Riegel, ces réseaux commençaient à un niveau un peu plus haut que le terrain de football et barraient le passage vers Pfetterhouse. Longtemps d'ailleurs, les bois provenant de la forêt du Lohn étaient connus pour être des «bois mitraillés».
- Les réfugiés retrouvèrent leurs maisons dévalisées, souvent sans portes, ni fenêtres, et les murs transpercés par des balles, certaines éventrées par des obus. Dès lors la reconstruction commença. Chaque habitant dut y subvenir par ses propres moyens. Il fallait aussi, nouveauté, apprendre une autre langue: le français.

Quelques vestiges de cette période.

abri 1

abri 2

Abri bétonné derrière le lotissement en direction de Moernach. Abri derrière le Kleeberg
 abri 3  abri 4
Galeries dans le Kleeberg. L'abri était bien implanté dans ces deux derniers cas sur le flan inaccesible aux obus. Abri au Kirchhöltzle.

 

L'EVACUATION (1916-1919)


La carte ci-contre donne un aperçu du front (violet) en 1916 dans notre secteur. Ce tracé n’a d’ailleurs pas beaucoup varié jusqu'à la fin de la guerre 14-18, ce qui ne veut pas dire qu’il ne s’y est rien passé. Au contraire, notre sol a été le témoin d’affrontements violents qui ont gagné en intensité jusqu'à l'été 1916, les mois les plus terribles étant février et mars de cette même année. Par la suite le front de la Largue passa au second plan car le conflit avait pris d'autres dimensions ailleurs (Verdun, sur la Somme...) mais la guerre restait toujours présente ici. Dès le mois de décembre 1915, la situation devint dramatique pour les civils et la liste des victimes s’allongeait*. A Durlinsdorf aussi, Albert Baur, touché par un éclat d’obus alors qu’il labourait son champ au Holzäpfelbaum, succomba à ses blessures. Lors des tirs d'artillerie, la population devait chercher refuge dans les caves et on craignait aussi que les combats dégénèrent en bataille de rues dans les villages en cas de rupture du front. Les autorités militaires, des deux camps d'ailleurs, décidèrent alors de déplacer les habitants des communes jugées à risques. Les premières évacuations débutèrent à la mi-décembre 1915. Bien que pas directement face à la zone des combats et classé en deuxième ligne, Durlinsdorf faisait partie du lot de villages désignés pour être évacués vers l’intérieur de l’Allemagne.
Le départ fut fixé au 11 février 1916. Après une préparation hâtive, toute la population dû quitter le village, emmenant juste ce qu’il était possible de porter, abandonnant maison, bétail, la plupart des biens aux mains de l'armée, pour le premier point de rassemblement: la gare de Ferrette. Ce trajet se fit à pied, des voitures attelées étaient prévues pour les plus faibles. Comble de malchance, ce jour-là il faisait extrêmement froid, si froid que les mères serraient très fort les enfants et les bébés contre elles et que beaucoup de personnes, durant le trajet, se recroquevillaient parfois sur les talons pour mieux répartir la chaleur du corps. A la gare de Ferrette, l'accueil était correct, une boisson chaude fut servie avant de monter dans le train spécialement prévu pour les réfugiés. Le voyage se termina, via Strasbourg, dans le pays de Bade: les gens de Durlinsdorf furent regroupés à Osterburken et répartis dans cette ville même et dans les villages environnants (Eberbach, Hemsbach...) accueillis avec plus ou moins d’enthousiasme en ces temps difficiles. Le Maire, Albert Enderlin, installé à Osterburken commença alors une correspondance avec son secrétaire de Mairie resté sur place, dans les environs de Mulhouse, pour maintenir les relations avec la perception (Staatsamt) de Ferrette et régler les affaires de la Commune.

Voici la première lettre qu’il adressa à son secrétaire:
"Osterburken, le 4 Mars 1916.
Cher monsieur Moser,
En regardant la carte, je me rends compte que nous sommes maintenant séparés par une assez grande distance. Nous venons de vivre de biens tristes événements et la fin de cette terrible guerre n'est pas encore en vue. Pour nos affaires concernant la commune, les choses sont devenues plus compliquées et je me demande quelle serait la meilleure façon de les régler. D'après Monsieur le Directeur du District, ce serait plus facile si on se retrouvait ensemble dans les environs de Mulhouse. Pour ma part, je serais assez d'accord avec cette idée mais ma famille ne veut pas se séparer de moi et me voir courir de par le monde. J'ai déjà beaucoup de questions et de demandes de toutes sortes en attente, j'aurais aussi à fournir des extraits de registres que je ne peux pas satisfaire ici. En fait, j'ai quand même déjà pu régler pas mal de choses par moi-même. Le travail ne me fait pas peur, mais si nous devons le faire en étant aussi loin l'un de l'autre, les frais de poste vont tripler et dans ces conditions il faut que la commune participe à mes dépenses. J'en ai déjà parlé à Monsieur le Directeur du District.
Les adresses des gens de Durlinsdorf devraient normalement se trouver depuis longtemps entre les mains de la Direction du District. Les aides pour les familles Guligag et Martin Joseph sont revenues approuvées, je ne sais toutefois pas où elles habitent en ce moment. A Hemsbach, une demi-heure, il y a les familles Walter Joseph, Kohler Ernest, Chariatte, Baur, Metzger, Bury et à Zimern (?), 1 heure, il y en a 35, qui ont cependant, comme je viens de l’apprendre, été transférés à Eberbach.
Nous ne pouvons pas trop nous plaindre ici, on est relativement bien. Nous n'avons pas trop de place, seulement 2 pièces, mais on peut être ensemble, ce qui n'est pas le cas pour d'autres familles. Moi et les deux plus grands enfants mangeons au restaurant de la gare. …. Osterburken est une vieille petite ville romaine d'environ 1500 habitants, avec en majorité des agriculteurs. Depuis ma fenêtre j’ai une belle vue sur la gare; le trafic ferroviaire est ici assez important. J'ai déjà compté entre 60 et 65 trains de marchandises. Maintenant, je vous prie encore une fois, Monsieur Moser, de me faire parvenir les informations demandées. Vous avez sûrement la possibilité de parler souvent avec Monsieur le Directeur du District pour connaître ses décisions. Dans l'espoir de recevoir très rapidement beaucoup de nouvelles de votre part, je vous adresse mes sincères salutations ainsi qu'à toute votre famille."

Guerre de 14-18 ---- Groupe de personnes évacuées en Pays de Bade

Debout: 1)inconnu 2)Marie, épouse Ruetsch Paul 3)Eugénie, épouse Enderlin Edouard dit l'Américain 4)Céline, épouse Hirtzlin (Bisel) 5)inconnue 6)Martin, père de Martin Arthur 7)avec brouette: inconnu. Assises: 1)inconnu 2)Klein Alfred, père de Skuta Frida 3)Maurer Joseph, frère des 3 soeurs en noir 4)Klein Joseph, dit Klein Sepp 5)Martin Joseph, dit Beppi.

La vie des réfugiés ne fut pourtant pas aussi paisible comme on pourrait le penser d'après certains passages de cette lettre. Déracinées, les familles n'avaient d'autres ressources que les aides de l'Etat allemand (Familienunterstützungen) et la débrouillardise personnelle: ceux qui en avait la possibilité se rendait utile en effectuant des tâches à domicile, en aidant aux travaux agricoles ou même en occupant une place en entreprise (exemple: fabrication de fil de fer barbelé). Mais de ce côté tout le monde n'était pas à la même enseigne: les hommes étant au front pour la plupart, certaines familles se trouvaient démunies de bras aptes à travailler, c'était le cas, par exemple, de femmes ou de veuves avec des petits enfants et/ou des parents âgés à charge. Dans ce cas la situation était très difficile, d'autant plus qu'il fallait payer une location et assurer le chauffage des logements qui avaient été attribués. Les enfants essayaient alors de calmer leur faim en allant quémander quelques pommes de terre, du lait, une tartine ou de la soupe dans les fermes environnantes. Le cas de M. le Maire est assez explicite de ce point de vue:
"Osterburken, le 4 Avril 1916
Cher Monsieur Moser,
...Je vous informe que nous sommes devenus autonomes. On nous dit que cela a été demandé par l'autorité alsacienne. De ce fait, l'argent pour le soutien des familles ne sera plus réglé entièrement. D'après les grilles que j'ai pu voir au bureau du district d'Avelsheim, il ne reste pour ma famille de 7 personnes que 166 Marks par mois. De cette somme, il faut déduire 16 Marks pour le logement. Maintenant, on peut se demander, avec les prix actuels, comment arriver à vivre avec 70 Pfennigs par jour et par tête. Dans les familles où chaque personne peut ramener un salaire, on peut déjà mieux se débrouiller. Par contre là où il y a seulement des enfants en bas âge c'est presque la misère. Je pensais toujours, qu'un commissaire viendrait un jour sur place pour se rendre compte de la situation. Mais je n'ai vu personne jusqu'à présent..."

Suite ...

* Lire: Première Guerre Mondiale sur le Front de la Largue.
De Bernard Burtschy et Vincent Heyer.