Le Centre de Première Intervention du Jura (CPI du Jura) est issu de la réunion des centres de secours de DURLINSDORF et de MOERNACH. Cette fusion a été décidée suite au manque d'effectif à Durlinsdorf; elle permet de conserver une structure viable pour les deux communes.

Un an après ce rapprochement, le bilan est jugé plus que positif. Le corps du CPI du Jura est désormais composé de 26 sapeurs-pompiers,six jeunes et une dizaine de vétérans. Il est placé sous les ordres du chef de corps l'adjudant Patrick RUCHTY et de son adjoint, l'adjudant Didier KOHLER.

L'année 2019 a été bien chargée avec 61 interventions pour les deux communes, dont 85% pour du secours aux personnes.

 

    Le corps du CPI du Jura

 

Le matériel

 

Les jeunes du CPI du Jura

 

Les pompiers: ça ne date pas d'hier...

     En 1842, une enquête est menée dans l'Arrondissement d'Altkirch pour déterminer les communes qui ne sont pas munies d'une pompe à incendie. Comme Dirlinsdorff ne faisait pas partie de la liste, on peut en déduire que le village était pourvu de ce genre de matériel.

Une investigation, datée de 1846, nous permet de connaître l'équipement dont disposait la commune:

PERSONNEL:

     Officier: 1       Pompiers: 19

     Dans le texte, il est dit que: Les pompiers sont sans uniformes et ne sont pas exercés aux manoeuvres de la pompe à incendie parce que le Conseil de recensement s'est seulement occupé dans cette session de la formation de la Compagnie dont le nombre qui l'a composé est reconnu suffisant pour ce service.

MATERIEL:

    1 pompe à incendie en bon état.

 

 
Tuyaux    non  
Seaux 4 en bon état
Echelles 2 une doit être remplacée  par une neuve
Crochets 3 les perches sont à faire

 

   Le matériel indiqué ci-dessus a été reconnu suffisant.

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                                                              Image supprimée

    

Quand l'église faillit changer de place...

 

     Dans les années 1860-70 la commune avait beaucoup de soucis avec son église. Le bâtiment était, d'après plusieurs textes, si délabré que l'on se demandait s'il ne valait pas mieux le démolir et tout reconstruire! Le mur du cimetière n'était guère en meilleur état et il est dit que des pierres, qui risquaient de blesser les passants, s'en détachaient fréquemment. Face à ces problèmes préoccupants, la municipalité et le Conseil de Fabrique avaient leur opinion: il fallait réparer autant que possible et, en tout cas, la commune ne pouvait se payer le luxe de construire un nouvel édifice. Mais, dans cette affaire, ils n'étaient pas seuls à décider car, à l'époque, l'église était utilisée en communauté avec Liebsdorf qui, de ce fait, participait à l'entretien et avait son mot à dire. De cette situation va naître un désaccord entre les deux villages car Liebsdorf non seulement réclamait un lieu de culte neuf mais encore qu'on le place en un endroit plus proche pour ses paroissiens, c'est à dire sur un terrain situé entre les deux communes!

     Vers 1865, il devenait urgent de trouver une issue à cette controverse et, pour clarifier le débat, le Préfet ordonna qu 'une étude soit faite pour connaître l'état réel du bâtiment. Celle-ci fut confiée à M. SCHAER, architecte, qui reçut pour mission de répondre aux trois questions suivantes:

i) L'église était-elle suffisante pour les besoins du culte?

ii) Une reconstruction complète était-elle nécessaire et serait-elle possible avec les ressources des communes, Durlinsdorf devant y participer pour 2/3 et Liebsdorf pour 1/3 ?

iii) L'édifice était-il susceptible d'agrandissement et de réparations?

     Dans son rapport, remis le 7 Février 1865, l'architecte commença par déterminer le nombre de personnes pour lesquelles il fallait prévoir de la place à l'intérieur. Pour cela il prit comme base de calcul la population des deux villages soit 1080 habitants (700 pour Durlinsdorf et 380 pour Liebsdorf) et admit que les 2/3 étaient susceptibles de fréquenter les offices, ce qui donnait un total de 720 fidèles. Or en comptant 2m2 par personnes, l'église ne pouvait en contenir que 500. Il en conclut donc que sa capacité était "parfaitement insuffisante".

     Puis il s'intéressa aux ressources des  deux communes pour apprécier leurs moyens de financement au cas où il faudrait un bâtiment neuf dont le coût était estimé à 60 000F*. Ses recherches ne firent que confirmer ce que l'on savait déjà: Durlinsdorf n'était pas en mesure d'envisager cette solution et pouvait à peine réunir 15 000F alors qu'il en aurait fallu 40 000. Par contre, Liebsdorf avait la somme nécessaire.

     Quant au bâtiment, finalement, l'architecte jugea que, dans ses parties essentielles, il était en assez bon état à l'exception du beffroi et de la couverture dont la reconstruction presque totale était nécessaire.

     Après ces constatations, il prit nettement parti dans son rapport et encouragea à conserver et restaurer l'ouvrage surtout à cause de sa situation qu'il trouvait "magnifique". Et il ajouta qu'il aurait été dommage de transférer l'église en un autre endroit.

     Restait le problème de la place manquante à l'intérieur. En réponse à cette question, il élabora le projet que nous découvrons sur les plans ci-dessous. Pour augmenter la capacité il proposa de percer les murs latéraux et de rajouter de chaque côté une chapelle. Il envisagea aussi de rallonger le corps de l'édifice par un espace qu'il appela nartex. Avec ces transformations, il y avait de la place pour 750 personnes et le but recherché était donc atteint.

     Quelle fut la suite des événements? La réponse est sous nos yeux: ce projet ne se réalisa pas. Les deux parties ne réussirent pas à s'accorder sur cette idée, ce qui conduisit à la rupture et chaque commune régla le problème à sa manière: Liebsdorf se lança dans la construction de sa propre église et Durlinsdorf entama des réparations.

*cette somme correspond aujourd'hui à environ 120 000€.

Sources:Archives-Départementales-du-Haut-Rhin-Colmar

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